La Cabane à sucre du Pied de Cochon

Depuis 3 ans, Martin Picard et son équipe ont renouvelé une fois de plus les traditions culinaires québécoises en revisitant le menu de la cabane à sucre. Située à St-Benoît de Mirabel dans la région des Laurentides, la cabane se situe à un peu moins d’heure du Centre ville de Montréal.

L’expérience débute tôt, soit dès la réservation de sa table. La Cabane du Pied de Cochon étant un peu victime de son succès, il est plutôt difficile d’obtenir une réservation à la dernière minute. En fait, à partir du premier décembre le restaurateur ouvre son carnet de réservation et l’on doit le contacter par courriel afin de s’assurer d’obtenir une place dans la liste de réservations. Par la suite, on vous contacte au cours du mois de février afin de confirmer la date du festin.

À partir de Montréal, nous avons réussi à trouver la cabane facilement. Cependant, notre réservation était en soirée et le site n’était pas éclairé, nous n’avons pas pu apprécier le décor extérieur. À l’intérieur du bâtiment, on sent l’atmosphère typique et si conviviale de la cabane à sucre. Malgré le ton un peu brusque de notre hôtesse lors de notre arrivée, nous avons pris place à la grande table où 3 groupes de 4 personnes avaient été planifiés. Idéalement, afin de bien vivre l’expérience, je vous recommande fortement d’être en groupe de 8 à 12 personnes.

Menu Cabane à sucre 2012 :

Harengs marinés à l’érable
Terrine de “cretons”  (cervelle, ris de veau, foie gras, boudin, langue, etc.)
Gâteau d’esturgeon frit
Omelette de type soufflée : homard et smoke meat de la cabane

Foie gras entier en vol-au-vent, sauce béchamel et fromage Victor et Berthold, salade de cresson et pomme
Flanc de porc au BBQ et fesse de porcelet de Gaspor servi sur choux et pommes de terre à l’eau d’érable
Canard laqué, sauce au soya/érable et “bines” au canard

Blizzards au skor à l’érable (Toffee)
Crêpes frites dans le gras de canard
Éclairs à l’érable
Minis cornets à l’érable
Brioches à l’érable

Le menu est divisé en trois parties, soit les entrées, les plats et les desserts. En extra, on peut même ajouter une tourtière afin de compléter cette orgie de nourriture à saveur d’érable.

Le hareng mariné est servi sur un croustillant depomme de terre et une compote d’oignon légèrement vinaigré. J’ai adoré ce plat, je trouvais qu’il y avait un bon équilibre entre les saveurs. La terrine est servie avec des crêpes de sarrasin, un fromage de chèvre à la crème aromatisée à l’érable et une salade d’endive et noix. Le mélange des différents abats a été servi chaud. Un autre coup de coeur pour ce plat qui réussit à maîtriser les différents abats. Le gâteau d’esturgeon frit nous est présenté sous la forme d’un sushi avec une généreuse crème à l’avocat et d’oreille de crisse. Malgré la mollesse du riz qui n’offrait pas de support à toute cette garniture, ce plat était un savoureux mélange de texture et une saveur peu commune pour la cabane à sucre. Lorsqu’on attaque l’omelette, nous découvrons que celle-ci est garnie de homard, de pomme de terre et de smoked meat préparé maison. Un autre coup coeur pour cette dernière qui a su créé un mélange de saveur à la fois étonnant et fort bien maîtrisé.

En plus, nous avons également pris l’extra tourtière à ce menu décadent. Même si la quantité de nourriture qui défile sous notre nez durant cette soirée frôle l’indécence, cette tourtière vaut le détour. Je crois que celle-ci s’approche de la perfection, une pâte à tarte feuilletée, un généreux assemblage de viandes et accompagné d’un ketchup au fruit digne des meilleures recettes de grand-maman.

Rendus aux plats principaux, mes attentes étaient rendues très élevées. En plus, il y a eu un petit pépin au niveau des services et nous avons dû patienter un peu plus de 30 minutes pour avoir nos plats. Malgré ce délai, nous avons pu digérer une partie de la masse de nourriture que nous avons eue jusque-là.

L’étonnant vol-au-vent est déposé sur notre table. Encore là, une prouesse au niveau de la technique de la pâte, puisque le feuilletage est exceptionnel au niveau du vol-au-vent. Par contre, lorsqu’on attaque le plat, j’ai été déçu par la texture et le goût de l’ensemble des éléments. La cuisson du foie gras n’est pas vraiment au point, celui-ci semble être cuit dans la béchamel et n’apporte rien d’exceptionnel à ce produit noble. La texture du foie est grumeleuse, en plus d’avoir eu un morceau de foie très veiné.

Le plat de porc est excellent au niveau de la qualité de la viande, soit un fumage à point pour le flanc et un rôti bien goûteux pour la fesse. Malgré le peu de légumes de l’ensemble des plats, le chou a une texture délicieusement crémeuse. En plus, une petite moutarde à l’érable nous a permis de relever le tout agréablement.

Un énorme pot de « bines » nous est apporté à la table et on y retrouve une quantité effrayante de « bines » et de cuisses de canard confites. Le coffre du canard nous est offert laqué à l’érable et à la sauce soya. Cet assemblage me rappelle une certaine combinaison dans le livre de François Chartier qui demeure une excellente combinaison.

Au final, les desserts sont presque un soulagement puisqu’ils signalent la fin du repas. La crème glacée est agrémentée de bâton de tire et de morceaux de Skor. Le sucré et le froid du Blizzard réveillent nos papilles et nous permettent d’attaquer les autres desserts. Les éclairs sont garnis d’une onctueuse crème à l’érable et de barbe à papa. Les crêpes et les brioches constituent un côté plus traditionnel, mais hautement maîtrisé, encore une fois.  Finalement, on ne peut pas passer à côté des traditionnels cornets à l’érable.

L’ambiance de la cabane du Pied de cochon demeure très similaire à une autre cabane. Il y règne un esprit familial, par contre ici on y chante une ode aux plaisirs de la table. Par ailleurs, il avait été mentionné sur d’autres blogues, qu’on offrait des plats pour permettre aux visiteurs de ramener les restes à la maison. Malheureusement, durant notre soirée, il ne restait plus de ces plats. Nous avons pu trouver une solution de rechange en allant au dépanneur du coin. Finalement, par rapport au prix de menu, j’aurai attendu un service plus attentionné et plus professionnel par l’équipe du PDC. Plusieurs accrocs durant la soirée n’ont pas permis de mettre en valeurs les plats qui ont été servis durant la soirée.

En sortant de la cabane, on s’est posé la question sur la nécessité d’offrir autant de nourriture. Entre le gaspillage et l’abondance, la ligne est fine. Selon mon expérience, les plats qui nous ont été servis durant la soirée auraient facilement pu nourrir le double de personnes. Même si la marque de commerce de Martin Picard va dans ce sens, il n’y a pas de raison de se rendre malade à manger autant de nourriture. Par contre, il est important de souligner que Martin Picard est un des rares chefs à avoir ouvert une cabane à sucre afin de faire rayonner la gastronomie québécoise. En espérant voir de plus en plus d’initiative de la sorte dans la communauté!

Si vous allez à la cabane, n’oubliez pas vos « Tupperwares »!

Ambiance: 8/10

Nourriture: 9/10

Service: 6/10

Cabane À Sucre Au Pied De Cochon
11382 Rang De La Fresnière
St-Benoît De Mirabel, QC
450-258-1732
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